OUVRAGES

Ouvrage sur éducation morale et éthique scolaire

Un premier ouvrage vient de paraître

 

ÉDUCATION MORALE ET ÉTHIQUE SCOLAIRE HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN

Une éthique minimale et un éveil à la spiritualité laïque peuvent-ils servir d’alternative à la morale traditionnelle dans les écoles  françaises?

 

Guy LHEUREUX

 

Préface de Stéphane Hessel Postface de Thomas d’Ansembourg,

Laurence Loeffel, Pierre Rahbi et Patrick Viveret

 

 

Couverture

 

                                      Cette recherche doctorale propose ici non seulement une historiographie de l’éducation morale entre les années Ferry et les années Mitterrand- Sarkozy, mais aussi un étayage des concepts théoriques liés à l’éthique et l’interrogation sur la morale d’aujourd’hui, ainsi qu’une authentique réflexion philosophique sur le désert de la morale scolaire et l’absence d’éthique, dans une société française contemporaine cancérisée par le consumérisme, le « chacun-pour-soi », le « tout/ tout-de-suite » et l’addiction des jeunes aux écrans, à la compétition.

                   Mais le chercheur ne se contente pas de ces constats : il suggère des pistes concrètes pour une authentique révolution éducative:

                              > l’école publique française peut-elle réussir à restaurer une éthique minimale ? et....

                              > Peut-elle développer une spiritualité laïque susceptible de lutter contre la violence  ? ,

                             > Les écoles en France  pourraient-elles éveiller aux valeurs humanistes et de reconsidérer le concept de «sacré laïc»                                      le tout appliqué dans des activités nouvelles en classe ? Les enfants français peuvent-ils bénéficier aujourd’hui et demain d’une pédagogie de la bienveillance qui a déjà fait ses preuves en Europe, avec  des résultats qu’on souhaiterait aux enfants de nos écoles ? Et pourquoi ne pas essayer les propositions d’un vieux routard de la pédagogie dont les basiques incontournables restent la démocratie et la laïcité ?

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

PREFACE DE STEPHANE HESSEL

VOICI LE MESSAGE DE STEPHANE HESSEL

Rédigé 39 jours avant sa disparition

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Préface

 

….Et si l’école publique française ne pouvait plus jamais… se passer des valeurs  humanistes ?

 

L’école publique française peut-elle se passer d’éducation morale ? Voilà une question qui me paraît essentielle quand on réfléchit à l’enseignement des enfants d’aujourd’hui et à la construction des futurs citoyens de demain. Monsieur Guy Lheureux, qui a d’abord exercé cette belle fonction d’instituteur laïc pendant plus de 20 ans dans le Nord de la France et qui fut ensuite Inspecteur de l’Éducation nationale pendant 20 ans dans le beau pays d’Anjou, le sait bien, confronté pendant quarante ans à cette question importante dans l’exercice de ses rôles éducatifs et formatifs…

 

Ce n’est pas une mince affaire que de commencer et finaliser une thèse sur l’éthique et la morale quand on est retraité, qu’on habite un pays fréquemment confronté au rejet de la morale traditionnelle et de l’autorité sous ses multiples formes – on se souvient sans peine de la formule « Il est interdit d’interdire » pouvait-on lire sur les murs des manifestations de mai 1968 -, quand on a conscience que notre société contemporaine est - partiellement- soumise à un consumérisme et un individualisme effrénés où l’éthique minimale a été remplacée par un « chacun pour soi » et un « tout- tout de suite » qui laissent perplexes les éducateurs de tous bords !

 

Mais surtout chaque éducateur, chaque professeur, chaque enseignant ne peut oublier qu’enseigner, c’est éduquer et c’est aussi former moralement l’enfant, car sans formation morale, on ne peut enseigner : c’est ce que rappelle le chercheur quand il souligne les arguments de 2 philosophes : John Dewey pour qui enseigner, c’est fixer un cadre moral ; Paul Ricœur qui déclare « la vie bonne doit être pensée et mise en actes avec et pour les autres, dans des institutions justes ». Notre école et nos enseignants ont donc mission et fonction d’inculquer les fondements d’une morale minimale qui permet aux enseignants d’enseigner et aux éducateurs d’éduquer. L’inspecteur- auteur nous renvoie aussi à Vincent Descombes qui dans Le raisonnement de l’Ours insiste sur l’importance de moraliser quand on enseigne : « Aucun éducateur ne peut donc assumer son œuvre éducative en se passant de morale. Pour enseigner la morale, l’éducateur doit pouvoir jouir d’une autorité reconnue par les élèves. : « Quel que soit son domaine de compétence, un éducateur doit faire passer chez ses élèves une leçon de morale humaine et pas seulement un savoir ou un savoir-faire dans tel ou tel domaine. Il doit leur communiquer, non seulement une compétence dans une discipline, mais, pourrait-on dire, la « moralité » de l’apprentissage (comme il y a la « moralité » qu’on tire de la fable) ».1

 

Que suggère l’auteur de cette thèse ? D’une part, une éthique minimale est proposée, qui fixe le cadre sociétal, notamment la laïcité et la démocratie, valeurs essentielles sans lesquelles la France ne serait pas la France si elle ne possédait pas ces attributs si fondamentaux, l’un établi par les lois de 1905, l’autre depuis la révolution, car la France ne serait pas la République Française sans la Démocratie qui la fonde et la définit dans son essence. Mais aussi les valeurs humanistes, incontournables dans leurs applications du vivre ensemble, et nécessaires pour construire la solidarité, la coopération entre les hommes, l’attention aux autres, la générosité, la non-violence et l’esprit de paix, toutes essentielles pour faire barrage à l’individualisme, construire le futur citoyen, promouvoir un lien social pacifique, et restaurer cette "humanitude" qui respecte la dignité de l’être humain et promeut le respect comme valeur cardinale des individus qui vivent ensemble dans les sociétés républicaines et démocratiques d’aujourd’hui.

 

D’autre part, un éveil  à la spiritualité  laïque susceptible d’installer l’esprit de paix, d’enrayer l’agressivité mutuelle, de retrouver sérénité et capacité d’écoute et d’attention, redécouvrir le « sacré laïc », réapprendre à s’émerveiller et à s’accepter, grâce à des activités nouvelles qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays européens et qui apportent des résultats tangibles : les arts martiaux, l’éveil aux valeurs humaines, l’assise silencieuse et le yoga à l’école, la communication non-violente, et le développement de l’intelligence divergence. Bref, une pédagogie de la bienveillance, un mieux-vivre des élèves à l’école, un meilleur équilibre entre le corps et l’esprit, l’extérieur et l’intérieur, une place plus importante accordée au savoir-être aussi essentiel que les savoirs intellectuels, dans le respect mutuel des fonctions et des rôles, des autorités et des fragilités, et permettant d’espérer l’épanouissement des personnalités enfantines et professorales.

Quand on fut témoin de la rédaction de la Charte des Droits de l’Homme, on ne peut qu’encourager une telle initiative allant dans le sens d’une école en meilleure santé qui conjuguera un savoir-être scolaire favorisant le vivre ensemble, une éducation du respect, un éveil au sacré laïc avec une vie sociale meilleure, et une restauration d’une éthique minimale essentielle conduisant  à  la  pacification  des  comportements :  ces  réflexions  et  ces propositions nouvelles présentées par Monsieur Guy Lheureux sont les bienvenues au moment même où notre État s’interroge sur la réhabilitation de la morale laïque et sur les contours philosophiques et pédagogiques qui devront être définis ; cette nouvelle philosophie de l’éducation en France pourra tout-à-la-fois aider à résoudre les questions d’autorité, de violence et d’orientation, de répondre à l’inquiétude légitime des familles et des enseignants, et d’innover pour un mieux-être des élèves, toutes des évolutions qui permettront d’espérer des meilleurs résultats scolaires demain et après-demain dans nos écoles élémentaires.

 

En effet, la paix ne se décrète pas, elle s’apprend et elle s’éveille dans le concret ; la non-violence s’éduque par la pratique quotidienne, tout comme l’autorité et la concentration peuvent être restaurées grâce à une plus grande prise en compte du respect mutuel systématique de tous les acteurs, et une redéfinition des rôles, des fonctions et des responsabilités dans un cadre strictement laïc et démocratique : une pédagogie de la bienveillance peut autoriser chacun à s’épanouir, à réussir quels que soient les points faibles et les points forts de l’élève : une nation se doit d’aider et d’accompagner ses enfants les plus faibles pour parvenir à un savoir-faire minimum commun tout en leur tendant la main pour le passage des gués difficiles dans la construction scolaire du futur citoyen.

 

Ces évolutions, aussi nécessaires soient-elles, exigeront une formation des enseignants revue, réactualisée et redéfinie, une renégociation des responsabilités des différents acteurs, qu’ils soient enseignants, parents, administrateurs ou apprentis, dans le cadre de contrats et de chartes précisant les devoirs et les obligations de chacun, dans le strict respect de l’esprit démocratique et laïc devant imprégner la créativité des équipes qui réfléchiront aux applications éducatives et pédagogiques que ces propositions sous-tendent.

 

 

 Les objectifs permanents et partagés de l’éducation, que notre conscience nationale poursuit, ne doivent pas être perdus de vue : notre école doit s’efforcer d’être épanouissante, efficace, tolérante et respectueuse des rôles et des fonctions de chacun, dans un cadre scolaire qui donne envie et le goût à chaque partenaire de donner le mieux de lui-même pour agir dans le sens non seulement des performances, mais du bien-être, du bien vivre ensemble  dans la seule direction de notre bien commun.

 

 Notre république se doit de souligner son attachement à la rénovation et à la restauration d’une éthique minimale et humaniste dans l’école française d’aujourd’hui.

Enfin, je me réjouis de constater que des personnalités de grande valeur aient accepté d’apporter leur contribution au travail du chercheur en enrichissant cet ouvrage de leurs réflexions empreintes de sagesse, d’expérience et d’humanité. De même, ai-je plaisir à remercier Monsieur Guy Lheureux pour l’intérêt de sa démarche, la qualité de la réflexion qu’il présente, la pertinence de ses propositions : il est donc à espérer que de nombreux chercheurs et éducateurs aillent puiser dans cette thèse des idées et des orientations qui ne manqueront pas de marquer l’école française de demain, vers une scolarisation heureuse et réussie autant que la vie quotidienne qui l’accompagne.

(1) Vincent Descombes " Le raisonnement de l'Ours et autres essais de philosophie pratique" (pages 417:418) aux éditions du Seuil (2007)

 

                   Mercis chaleureux à l'Ami  Stéphane Hessel   

Janvier 2013 hessel.jpg

 

POUR TELECHARGER GRATUITEMENT LA THESE ORIGINALE DE 520 PAGES

(elle a été téléchargée 3950 fois ...en 18 mois)

RENDEZ VOUS SUR LE SITE DE L'UNIVERSITE DE LYON A LA RUBRIQUE "THESES"

à l'adresse suivante  :  

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00775897/document

 

pour charger uniquement la notice :

http://www.theses.fr/2012REN20052

 

 

 

 

Couverturep4bmoraleguy

 

 

A qui s’adresse cet ouvrage ?

Aux parents, aux éducateurs, aux chercheurs en  éducation et pédagogie, aux enseignants de tous bords, aux instituteurs et aux professeurs d'école et de collège et de lycée, aux personnels de la petite enfance, aux administrateurs, aux inspecteurs, aux personnes qui sont sensibles à une  éthique minimale dans notre société, aux individus qui cherchent des solutions pour faire diminuer la violence, aux politiques de tous bords, aux citoyens de France et des pays francophones (Canada, Belgique, Luxembourg, Suisse, pays d'Afrique en ex-AOF, territoires d'Outremer, etc) aux formateurs de toutes obédiences, aux  étudiants qui se destinent à un job lié avec éducation ou enseignements, aux IUFM  et aux C.F.P. , aux nouveaux instituts appelés ESFE , aux praticiens de CNV,  aux professeurs de yoga ou d'arts martiaux, personnes qui travaillent sur les valeurs humaines,  précepteurs et nourrices, etc....

 

 

Couverturep4moraleguy

 

 

COMMENT COMMANDER CET OUVRAGE?

                                              -> A. Soit  vous le commandez auprès de l'éditeur sur le site de l'Harmattan / 

                                                     Il suffit de cliquer sur cette adresse ou de surligner et ouvrant le lien suivant :  

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=42116

 

-> B. Soit vous le commandez directement chez l'auteur (si vous souhaitez une dédicace )

      Prière de préparer  1 chèque de 41€ à l’ordre de Guy .Lheureux   Et l’envoyer à Mr Guy Lheureux 21 rue Gaspalon 49800 Trélazé (  49800)                           [soit 36€+4€60 colissimo+0€4enveloppe matelassée] et  précisez vos noms et  votre adresse ainsi que le prénom pour la dédicace                      soit vous consultez le site de l’auteur à : www.lheureux.biz/     Merci à vous par avance!

 

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

VOICI LE MESSAGE DE STEPHANE HESSEL

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

Préface

 

….Et si l’école publique française ne pouvait plus jamais… se passer des valeurs  humanistes ?

 

 

L’école publique française peut-elle se passer d’éducation morale ? Voilà une question qui me paraît essentielle quand on réfléchit à l’enseignement des enfants d’aujourd’hui et à la construction des futurs citoyens de demain. Monsieur Guy Lheureux, qui a d’abord exercé cette belle fonction d’instituteur laïc pendant plus de 20 ans dans le Nord de la France et qui fut ensuite Inspecteur de l’Éducation nationale pendant 20 ans dans le beau pays d’Anjou, le sait bien, confronté pendant quarante ans à cette question importante dans l’exercice de ses rôles éducatifs et formatifs…

 

Ce n’est pas une mince affaire que de commencer et finaliser une thèse sur l’éthique et la morale quand on est retraité, qu’on habite un pays fréquemment confronté au rejet de la morale traditionnelle et de l’autorité sous ses multiples formes – on se souvient sans peine de la formule « Il est interdit d’interdire » pouvait-on lire sur les murs des manifestations de mai 1968 -, quand on a conscience que notre société contemporaine est - partiellement- soumise à un consumérisme et un individualisme effrénés où l’éthique minimale a été remplacée par un « chacun pour soi » et un « tout- tout de suite » qui laissent perplexes les éducateurs de tous bords !

 

Mais surtout chaque éducateur, chaque professeur, chaque enseignant ne peut oublier qu’enseigner, c’est éduquer et c’est aussi former moralement l’enfant, car sans formation morale, on ne peut enseigner : c’est ce que rappelle le chercheur quand il souligne les arguments de 2 philosophes : John Dewey pour qui enseigner, c’est fixer un cadre moral ; Paul Ricœur qui déclare « la vie bonne doit être pensée et mise en actes avec et pour les autres, dans des institutions justes ». Notre école et nos enseignants ont donc mission et fonction d’inculquer les fondements d’une morale minimale qui permet aux enseignants d’enseigner et aux éducateurs d’éduquer. L’inspecteur- auteur nous renvoie aussi à Vincent Descombes qui dans Le raisonnement de l’Ours insiste sur l’importance de moraliser quand on enseigne : « Aucun éducateur ne peut donc assumer son œuvre éducative en se passant de morale. Pour enseigner la morale, l’éducateur doit pouvoir jouir d’une autorité reconnue par les élèves. : « Quel que soit son domaine de compétence, un éducateur doit faire passer chez ses élèves une leçon de morale humaine et pas seulement un savoir ou un savoir-faire dans tel ou tel domaine. Il doit leur communiquer, non seulement une compétence dans une discipline, mais, pourrait-on dire, la « moralité » de l’apprentissage (comme il y a la « moralité » qu’on tire de la fable) ».1

 

Que suggère l’auteur de cette thèse ? D’une part, une éthique minimale est proposée, qui fixe le cadre sociétal, notamment la laïcité et la démocratie, valeurs essentielles sans lesquelles la France ne serait pas la France si elle ne possédait pas ces attributs si fondamentaux, l’un établi par les lois de 1905, l’autre depuis la révolution, car la France ne serait pas la République Française sans la Démocratie qui la fonde et la définit dans son essence. Mais aussi les valeurs humanistes, incontournables dans leurs applications du vivre ensemble, et nécessaires pour construire la solidarité, la coopération entre les hommes, l’attention aux autres, la générosité, la non-violence et l’esprit de paix, toutes essentielles pour faire barrage à l’individualisme, construire le futur citoyen, promouvoir un lien social pacifique, et restaurer cette "humanitude" qui respecte la dignité de l’être humain et promeut le respect comme valeur cardinale des individus qui vivent ensemble dans les sociétés républicaines et démocratiques d’aujourd’hui.

 

D’autre part, un éveil  à la spiritualité  laïque susceptible d’installer l’esprit de paix, d’enrayer l’agressivité mutuelle, de retrouver sérénité et capacité d’écoute et d’attention, redécouvrir le « sacré laïc », réapprendre à s’émerveiller et à s’accepter, grâce à des activités nouvelles qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays européens et qui apportent des résultats tangibles : les arts martiaux, l’éveil aux valeurs humaines, l’assise silencieuse et le yoga à l’école, la communication non-violente, et le développement de l’intelligence divergence. Bref, une pédagogie de la bienveillance, un mieux-vivre des élèves à l’école, un meilleur équilibre entre le corps et l’esprit, l’extérieur et l’intérieur, une place plus importante accordée au savoir-être aussi essentiel que les savoirs intellectuels, dans le respect mutuel des fonctions et des rôles, des autorités et des fragilités, et permettant d’espérer l’épanouissement des personnalités enfantines et professorales.

Quand on fut témoin de la rédaction de la Charte des Droits de l’Homme, on ne peut qu’encourager une telle initiative allant dans le sens d’une école en meilleure santé qui conjuguera un savoir-être scolaire favorisant le vivre ensemble, une éducation du respect, un éveil au sacré laïc avec une vie sociale meilleure, et une restauration d’une éthique minimale essentielle conduisant  à  la  pacification  des  comportements :  ces  réflexions  et  ces propositions nouvelles présentées par Monsieur Guy Lheureux sont les bienvenues au moment même où notre État s’interroge sur la réhabilitation de la morale laïque et sur les contours philosophiques et pédagogiques qui devront être définis ; cette nouvelle philosophie de l’éducation en France pourra tout-à-la-fois aider à résoudre les questions d’autorité, de violence et d’orientation, de répondre à l’inquiétude légitime des familles et des enseignants, et d’innover pour un mieux-être des élèves, toutes des évolutions qui permettront d’espérer des meilleurs résultats scolaires demain et après-demain dans nos écoles élémentaires.

 

En effet, la paix ne se décrète pas, elle s’apprend et elle s’éveille dans le concret ; la non-violence s’éduque par la pratique quotidienne, tout comme l’autorité et la concentration peuvent être restaurées grâce à une plus grande prise en compte du respect mutuel systématique de tous les acteurs, et une redéfinition des rôles, des fonctions et des responsabilités dans un cadre strictement laïc et démocratique : une pédagogie de la bienveillance peut autoriser chacun à s’épanouir, à réussir quels que soient les points faibles et les points forts de l’élève : une nation se doit d’aider et d’accompagner ses enfants les plus faibles pour parvenir à un savoir-faire minimum commun tout en leur tendant la main pour le passage des gués difficiles dans la construction scolaire du futur citoyen.

 

Ces évolutions, aussi nécessaires soient-elles, exigeront une formation des enseignants revue, réactualisée et redéfinie, une renégociation des responsabilités des différents acteurs, qu’ils soient enseignants, parents, administrateurs ou apprentis, dans le cadre de contrats et de chartes précisant les devoirs et les obligations de chacun, dans le strict respect de l’esprit démocratique et laïc devant imprégner la créativité des équipes qui réfléchiront aux applications éducatives et pédagogiques que ces propositions sous-tendent.

  Les objectifs permanents et partagés de l’éducation, que notre conscience nationale poursuit, ne doivent pas être perdus de vue : notre école doit s’efforcer d’être épanouissante, efficace, tolérante et respectueuse des rôles et des fonctions de chacun, dans un cadre scolaire qui donne envie et le goût à chaque partenaire de donner le mieux de lui-même pour agir dans le sens non seulement des performances, mais du bien-être, du bien vivre ensemble  dans la seule direction de notre bien commun.

 

 Notre république se doit de souligner son attachement à la rénovation et à la restauration d’une éthique minimale et humaniste dans l’école française d’aujourd’hui.

Enfin, je me réjouis de constater que des personnalités de grande valeur aient accepté d’apporter leur contribution au travail du chercheur en enrichissant cet ouvrage de leurs réflexions empreintes de sagesse, d’expérience et d’humanité. De même, ai-je plaisir à remercier Monsieur Guy Lheureux pour l’intérêt de sa démarche, la qualité de la réflexion qu’il présente, la pertinence de ses propositions : il est donc à espérer que de nombreux chercheurs et éducateurs aillent puiser dans cette thèse des idées et des orientations qui ne manqueront pas de marquer l’école française de demain, vers une scolarisation heureuse et réussie autant que la vie quotidienne qui l’accompagne.

(1) Vincent Descombes " Le raisonnement de l'Ours et autres essais de philosophie pratique" (pages 417:418) aux éditions du Seuil (2007)

 

Stéphane Hessel   

 

 

Janvier 2013 Mes sincères hommages et gratitudes  à ce grand homme!

(Il a accepté de composer cette préface un mois et demi avant se disparition)

                   Hessel